Jean Christophe Rufin « la Salamandre »

Publié le par bigoudene46

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« Peut être ne pouvait-elle plus susciter l’amour mais, pour autant, elle était toujours capable d’en éprouver. Ce qui avait pris fin, au fond, c’était la redoutable contradiction dans laquelle elle s’était enfermée : n’aimer que pour être aimée, s’offrir mais pour acquérir celui qui vous reçoit, enchaîner l’autre dans le sacrifice qu’on prétend faire pour lui. Au fil des longs jours solitaire, souffrants, obnubilés, elle démêla cette étrange pelote.


« On aime la mer, pensa-t-elle. Pourtant la mer ne nous aime pas. » (...) l’amour véritable vient de nous seuls et ne requiert aucun retour. »


 « La liberté, pensait-elle, c’est le choix de ce qui va vous asservir. »


 « Je ne l’aime ni pour ce qu’il est ni pour ce qu’on lui a fait. Je ne l’aime pas pour sa réalité, mais pour ce que j’y ai mêlé de mes désirs. Seule m’appartient cette image fausse, aimée, créée par moi et qui mourra avec moi. »

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