Lawrence Durrell « Le quatuor d’Alexandrie »

Publié le par bigoudene46

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Livre I : Justine

 

« (...) Autour de cet événement, ébloui et préoccupé, l’amoureux ou l’amoureuse continue à vivre en examinant sa propre expérience ; sa gratitude seule crée chez elle l’illusion qu’elle communique avec son ami, mais cela est faux car il ne lui a rien donné. L’objet aimé est simplement celui qui a vécu une expérience semblable au même moment, narcissiquement ; et le désir d’être auprès de l’objet bien-aimé est dû en premier lieu non pas à l’idée de le posséder, mais simplement de laisser deux expériences se comparer, comme des images dans des miroirs différents. Tout cela peut précéder le premier regard, le premier baiser ou le premier attouchement ; précéder l’ambition, l’orgueil ou l’envie ; précéder les premières déclarations qui marquent le tournant, car à partir de là l’amour dégénère en habitude, en possession, et plus tard, de nouveau, en solitude. »


« Je compris alors la vérité de l’amour : un absolu qui prend tout ou qui perd tout. Les autres sentiments, la compassion, la tendresse et ainsi de suite, n’existent qu’à la périphérie, appartiennent aux constructions de la société et de l’habitude. »

 

« (...) Quand on a quelque chose à cacher, on se met à jouer un rôle. Cela oblige tout le monde autour de vous à se transformer en acteur. »


«  Les amants ne sont jamais également assortis, vous ne croyez pas ? L’un des deux fait toujours de l’ombre sur l’autre et l’empêche de grandir, de sorte que celui qui se sent étouffé cherche désespérément un moyen de s’évader, pour être libre de poursuivre sa croissance. N’est-ce pas là le drame essentiel de l’amour ? »

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