Valentin... Le Rayonnement du visible

Publié le par bigoudene46

C'est l'expo phare qui se tient actuellement (et jusqu'au mois de mars malgré les dates annoncées) au musée Henri Martin de Cahors.

Comment ne pas être envouté par cette lumière quasi surnaturelle qui surgit de ces visions du quotidien... Par cette quête acharnée des modifications que cette lumière entraîne sur un même cadre qui pourrait être complètement banal ! vision entre 2 pins en bords d'une route du côté de Conques...

 

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Déjà, les panneaux qui figuraient sur le portail d'entrée m'avaient donnés très envie... les couleurs me parlaient !

 

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Valentin, après avoir vécu en Aveyron dans la région de Conques, vit maintenant dans le Lot...

une formation aux métiers d'arts et aux beaux-arts à Paris... En 1973 il brûle sa production...

Face à la nature sauvage aveyronnaise, il reprend la peinture avec les tubes de gouache d'écolier de ses enfants et ne cesse ensuite plus de peindre.

 

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L'exposition à Cahors comprend 3 volets :

- Les pins

- Les métros

- Les virages

 

J'ai particulièrement aimé cette pièce comprenant plein de toiles format carré représentant la même vue à des saisons différentes, des moments de la journée différents... Ce travail sur l'ombre et la lumière, ainsi que les choix de couleur m'ont complètement séduite ! Je pense bien trouver un moment cet hiver pour venir dessiner dans cette pièce d'ailleurs !

 

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A chacun de laisser passer ses émotions devant cette oeuvre qui, du fait de sa répétition finit par annihiler le sujet pour ne garder que la part de sensations...

 

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Les pins, toujours eux, cette fois en grand format... parfois notre regard s'invite dans le dédale de cette mer d'arbres en arrière plan, parfois le soleil si fort efface toute vue vers le lointain... Des sensations de chaleur ou de fraîcheur... De bien être ou de moments plus angoissants...

 

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Une salle est ensuite consacrée à des peintures dans le métro... La salle est sombre, avec un éclairage en vert et bleu qui rend un peu difficilce la perception exact des tableaux (souvent monotype à la base)... Mais une sensation de foule dans cette pénombre...

 

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Et enfin, la série des virages... des formats différents, des médiums différents pour appréhender tous ces virages... et toujours cette étonnante lumière !

 

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Entre


Je passais devant elle, presque tous les jours, depuis des années, indifférent à ses éveils.

Qu'elle fût lavée des cendres de la nuit ou emmitouflée de brumes, alanguie le jour dans la fournaise d'été, ou crissante de cristaux d'hiver,

j'ignorais ses toilettes de saisons,

en prenant cette route, si souvent, guidé par l'aveugle but quotidien comme on prend le bus ou le métro tous les jours, sans même y penser,

sans regarder vraiment ces corps et ces visages agglomérés

face à face qu'on évite, fuyant la présence muette,

mais dont le suaire apparu sur la vitre crasseuse, gluante et mouvante de la rame,

reviendra dans la nuit frôler mes draps.

Quand je l'ai reconnue pour la première fois, que je l'ai ressentie,

entre les deux pins au delà du virage, au delà du mirage, vraiment vue,

est ce parce qu'elle m'échappait,

cachée par la brume de chaleur qui montait de la vallée ?

Est-ce à ce moment là, dans la déchirure du voile,

que surgît la ravine, les flancs recouverts d'humus fauve,

que feulât le souffle rauque dans ses feuillages,

que me revînt, sans le comprendre,

le désir enfoui

qui à mon insu avait pénétré ma chair,

ce trouble que je ressentis aussi dans le lit du ruisseau

quand, m'y coulant dans l'ombre, frissonnant jusqu'au haut des cuisses

se refléta, ondulant entre ses deux flancs,

le creux de la colline ?

Valentin

 

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